Catégories: Croniques d'albums

Céu, novembre 2011 (photo Daniel A.)
En cette période de calme discographique - entre le réveillon et le
carnaval -, il nous arrive malgré tout quelques belles productions qui nous
promettent - tel un printemps précoce - une belle récolte à venir. Du moins, on
l’espère…
Parmi ces premières belles fleurs, les albums très attendus de Céu et de Roberta
Sá (voir le
prochain post pour cette dernière), deux chanteuses très représentatives de leurs
villes respectives –São Paulo et Rio de
Janeiro -, qui avaient lancé, toutes les deux, leurs premiers albums en 2005.[...]
C’est cependant la pauliste Céu qui a acquis une renommé d’estime
internationale, multipliant les tournées hors des frontières brésiliennes,
chose que la carioca Roberta Sá
ne s’est pas encore risquée à faire.
Sans doute parce que Céu entre dans un créneau musical plus global, qu’elle possède une emprunte vocale très personnelle et originale (elle me rappelle un peu la capverdienne Mayra Andrade), et qu’elle rend de manière contemporaine des influences très appréciés par les européens et les américains: les rythmes afros (l’héritage inévitable de Fela Kuti) et jamaïcains…Encore que le dub reggae «blanc» de Céu se rapproche d’avantage de l’Angleterre que de la Jamaïque.

Mais son troisième album, «Caravana sereia bloom», s’inscrit plutôt dans une optique plus urbaine et pauliste qu’exotique, piloté par l’excellente co production (avec la chanteuse) de Gui Amabis.
On retrouve d’ailleurs certaines atmosphères proches de «Memórias
Luso/ Africanas» d’Amabis (également compagnon de Céu), premier bon
album du musicien producteur, sorti l’année dernière, qui proposait une pop
branchée truffés d’effets et de trouvailles sonores ingénieuses.
Pour étayer ce constat, le nom des musiciens invités sur «Caravana…» sont ceux de bon nombres de productions récentes «made in» São Paulo: Curumin, Fernando Catatau, les «Nação» Pupillo, Dengue, Lucio Maia, Jorge du Peixe, Anelis Assumpção, Thalma de Freitas, Lucas Santtana, Bruno Buarque ou Thiago França.

Gui Amabis (joyeux!), co producteur de
"Caravana sereia bloom" (photo revue Veja)
«Caravana sereia bloom» s’impose par sa cohésion, et
comporte quelques petites perles comme Falta de ar (Amabis), Asfalto e sol
(Céu/ Amabis), ou Contravento (Lucas Santanna/ Amabis), même si l’on peut
regretter que les excellents arrangements masquent un peu la voix si
caractéristique de la chanteuse.
Dommage d’ailleurs que celle-ci ne se soit pas
impliquée davantage dans la composition des 10 titres (plus trois vignettes),
laissant l’album se terminer avec Street Bloom (Lucas Santtana) et Chegar em
mim (Jorge do Peixe), des compositions qui ne sont pas à la hauteur du reste de
l’album.
Mais si «Caravana sereia Bloom» n’atteint pas l’excellence
de «Vagarosa» (2009), il n’en reste pas moins d’un très bon niveau de la
part d’une artiste plus essentiel qu’on ne le pense sur la scène brésilienne.
Céu: “Caravana sereia Bloom” – Universal- (bon!)
